Action publique et processus d’institutionnalisation




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Université Paris I, Panthéon-Sorbonne


Action publique et processus d’institutionnalisation.

Sociologie des politiques culturelle et linguistique

et du traitement bureaucratique de la misère




Vincent Dubois



mémoire pour l’habilitation à diriger les recherches en sociologie

coordonné par M. le Professeur Remi Lenoir


Jury composé de MM. les Professeurs :

Christian Baudelot, École normale supérieure

Pierre Bourdieu, Collège de France

Alain Chenu, Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines

Remi Lenoir, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Michel Offerlé, Université Paris I Panthéon-Sorbonne


2001

Sommaire


Avant-Propos p. 1


Introduction p. 4


Partie I.

La construction des catégories étatiques :

le traitement public des formes symboliques p. 14


Synthèse 1. La culture comme catégorie d’intervention publique p. 15


Prolongement 1. La langue, ressort et enjeu de la force symbolique de l’État p. 45


Partie II.

L’actualisation des normes et catégories étatiques :

le traitement bureaucratique de la misère p. 148


Synthèse 2. Relation administrative et traitement de la misère p. 149


Prolongement 2. Les conditions sociales du rappel à la norme.

Contrôle et lutte contre la fraude aux prestations sociales p. 175


Épilogue p. 254


Table des matières p. 264

Avant-propos




Puisqu’il est de coutume, dans un mémoire d’habilitation, de revenir sur sa trajectoire de recherche, je voudrais commencer en l’évoquant très rapidement d’un point de vue plus personnel que dans les pages qui suivent, centrées quant à elles sur le contenu de mes travaux. Sans prétendre me livrer ici à une auto-socioanalyse, on peut rétrospectivement situer le point de départ de cette trajectoire dans mes premiers mémoires d’étudiant sur les politiques culturelles locales. Ces travaux sont nés de la conjonction entre la découverte de la posture sociologique dans les enseignements de Michel Offerlé et une attirance un peu vague pour les « questions culturelles », liée à des pratiques personnelles et au fait que j’envisageais alors l’administration culturelle comme un débouché professionnel possible. C’est assez rapidement le goût de l’enquête et du travail intellectuel qui l’a emporté, mon intérêt croissant pour la recherche rencontrant la possibilité d’obtenir une allocation de thèse, à laquelle s’est ajouté un monitorat qui m’a permis de commencer très rapidement à enseigner à l’université.


Une fois ma thèse sur la genèse des politiques culturelles soutenue, j’ai commencé à réfléchir à de nouveaux chantiers. C’est ainsi que les politiques de la langue ont fait l’objet des premières notations et des premiers dossiers — notamment sur la « loi Toubon » qui venait d’être débattue. (Ces dossiers, j’ai dû ensuite attendre la rédaction de ce mémoire pour les rouvrir). Surtout, avant d’obtenir un poste de maître de conférences, j’ai pendant un an participé à diverses recherches. Parmi celles-ci, je me suis plus particulièrement investi dans une enquête sur l’accueil du public dans les caisses d’allocations familiales. À l’issue d’une thèse telle que la mienne, rien ne me prédisposait à m’engager dans ce type de travail, si ce n’est deux souhaits : celui de conduire de manière systématique une enquête de type ethnographique, reposant largement sur l’observation directe que j’avais peu pratiquée jusqu’alors ; celui de prendre un peu de distance avec le terrain culturel auquel je venais de consacrer cinq ans.


Ce second souhait tenait plus précisément au souci d’éviter les pièges d’une spécialisation précoce. Je craignais en effet de commencer à me sentir « trop à l’aise » dans des problématiques et des références qui risquaient à la longue d’être reconduites de manière un peu routinière. Trop à l’aise également dans un « milieu » dont j’étais socialement proche, dans lequel il n’est pas difficile d’être rapidement identifié comme « expert », et régulièrement sollicité pour les innombrables colloques et publications mi-intellectuelles mi-professionnelles propres à l’espace des institutions culturelles : les profits que l’on peut en escompter m’apparaissaient faibles au regard d’un coût en temps et en indépendance intellectuelle préjudiciable à la recherche. Enfin, sans qu’il faille y voir la marque d’un repli sur une conception de la sociologie comme étude des « problèmes sociaux », je ressentais le besoin de ne pas cantonner mes enquêtes à des choses aussi « nobles » que celles de la culture (fût-ce pour les désacraliser) et à des « élites » (fussent-elles marginales ou dominées). Je souhaitais donc, si l’on peut dire, équilibrer cette première orientation en portant aussi le regard sur des pratiques et des agents sociaux moins haut placés dans la hiérarchie symbolique et sociale mais non moins intéressants d’un point de vue sociologique. C’est un équilibre de cet ordre que je me suis par la suite efforcé de maintenir dans le choix de mes objets de recherche et des types d’approche, en rédigeant de manière partiellement concomitante l’ouvrage issu de ma thèse et celui qui présente l’enquête sur la relation administrative, et jusqu’à la conception du présent texte.


*


Une double ambition a présidé à l’élaboration de ce mémoire. Celle, tout d’abord, de mettre en perspective des travaux déjà réalisés pour faire apparaître les choix et objectifs de recherche plus généraux dans lesquels ils s’inscrivent. Il s’agissait ensuite d’établir sur cette base d’autres perspectives, en ouvrant de nouveaux chantiers. Pour ce faire, j’ai essayé de rapprocher le plus possible l’économie du texte de la logique de recherche telle que je la conçois. Aussi ai-je limité à une brève introduction générale la présentation des grandes options d’analyse, préférant les inscrire là où elles trouvent leur raison d’être et peuvent être effectivement évaluées : dans les objets de recherche et le travail empirique dont elles permettent la construction1.


On trouvera, en ouverture de chacune des deux grandes parties, des présentations synthétiques de travaux réalisés2. Mais ma priorité est allée à la présentation programmatique de travaux en cours qui suit chacune de ces deux brèves synthèses. Je souhaitais en effet éviter autant que possible la redondance avec des textes déjà publiés et aussi, puisque la rédaction de ce mémoire en offrait l’occasion, essayer d’affermir ce qui n’était jusqu’alors que des intentions de recherche pour les transformer en véritables projets.


J’ai pris le parti de ne pas organiser l’ensemble autour de la césure « bilan » – « programme », pour mieux donner à voir les logiques qui, par-delà les hasards contribuant à façonner un parcours de recherche, m’ont conduit d’un objet à l’autre, d’un terrain à l’autre. Ce choix présente inévitablement des inconvénients, notamment celui d’imposer au lecteur un va-et-vient entre différents niveaux de texte (plus « théorique » ou plus « empirique », retour post factum ou programme en cours d’élaboration). Cet ordonnancement offrait en revanche plusieurs avantages. Celui tout d’abord de montrer les potentialités d’hypothèses et de pistes nouvelles contenues dans les travaux réalisés, invitant à les évaluer aussi à cette aune. Réciproquement, ces derniers fournissent une base pour l’appréciation de l’aboutissement possible des projets placés dans leur prolongement. Si j’ai choisi ce mode d’exposition, c’est aussi dans le but d’échapper à la loi des trois états d’âme scientifique qu’évoque Gaston Bachelard au début de La formation de l’esprit scientifique — l’âme puérile ou mondaine de la curiosité naïve, l’âme professorale du dogmatisme académique, l’âme « en mal d’abstraire et de quintessencier », en évitant de me laisser enfermer dans l’un de ces trois états… ou de les illustrer tour à tour1. C’était, enfin, une manière d’indiquer ce qui peut faire la cohérence d’un parcours de recherche sans tomber dans la mauvaise foi qui consisterait à le mettre en scène comme l’accomplissement progressif d’un projet initial dont tous les éléments auraient été parfaitement programmés.


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